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Combien de temps pour retrouver sa concentration après une interruption ? La réponse est plus élevée que vous le pensez

L'équipe Workhack
Combien de temps pour retrouver sa concentration après une interruption ? La réponse est plus élevée que vous le pensez

Combien de temps pour retrouver sa concentration après une interruption ? La réponse est plus élevée que vous le pensez

Un chiffre qui remet les choses en perspective

Posez la question autour de vous : "Après avoir été interrompu pendant votre travail, combien de temps vous faut-il pour retrouver votre concentration ?" La plupart des gens répondent instinctivement "une minute ou deux". La réalité, mesurée par la recherche, est très différente — et elle explique pourquoi tant de journées de travail donnent une impression d'épuisement sans résultat proportionné.

Ce chiffre mérite d'être connu, parce qu'il change concrètement la façon dont on devrait considérer les interruptions — les siennes comme celles qu'on inflige aux autres.


23 minutes et 15 secondes : le chiffre de référence

C'est le résultat obtenu par Gloria Mark, professeure à l'université de Californie à Irvine, dans une série d'études devenues une référence dans le domaine des sciences cognitives appliquées au travail. En équipant des employés de bureau de logiciels de suivi d'activité pendant des semaines entières, son équipe a mesuré non pas ce que les gens pensaient faire, mais ce qu'ils faisaient réellement — et le temps qu'il leur fallait pour revenir à leur niveau de concentration initial après chaque interruption.

Le résultat moyen : 23 minutes et 15 secondes. Ce chiffre englobe deux phénomènes distincts. D'abord, le temps nécessaire pour traiter l'interruption elle-même — répondre au message, participer à l'échange rapide. Ensuite, et c'est la part la plus sous-estimée, le temps nécessaire pour reconstruire mentalement le contexte de la tâche interrompue : où en étais-je, quel était le raisonnement en cours, qu'est-ce que je m'apprêtais à faire.

Ce deuxième temps est presque toujours invisible pour la personne concernée. On a l'impression de reprendre immédiatement là où on s'était arrêté. En réalité, les mesures montrent une baisse mesurable de la qualité et de la vitesse d'exécution pendant une longue période après chaque interruption.


Pourquoi ce chiffre est probablement encore sous-estimé aujourd'hui

Les études de Gloria Mark datent d'une période où les notifications professionnelles étaient déjà nombreuses, mais moins omniprésentes qu'aujourd'hui. Entre les emails, Slack, Teams, les notifications mobiles et les multiples onglets ouverts en permanence, le nombre d'interruptions potentielles par heure de travail a nettement augmenté depuis.

Un détail aggravant, documenté dans les mêmes travaux : dans la majorité des cas observés, les gens s'interrompent eux-mêmes autant, voire davantage, que les interruptions externes ne les dérangent. Le réflexe de vérifier une notification, un onglet, une messagerie — sans qu'aucune sollicitation externe ne l'exige — représente une part considérable des bascules de concentration au quotidien.


Ce que ça change concrètement pour votre journée

Si chaque interruption coûte réellement 20 à 25 minutes de reconcentration, le calcul devient éclairant. Une journée de travail avec ne serait-ce que huit interruptions significatives — un chiffre modeste pour beaucoup de professionnels — représente potentiellement plus de trois heures cumulées de concentration dégradée, avant même de compter le temps de traitement des interruptions elles-mêmes.

Ça explique un phénomène que beaucoup connaissent sans se l'expliquer : la sensation d'avoir travaillé toute la journée sans que le résultat soit à la hauteur de l'énergie dépensée. Le temps n'a pas disparu dans une seule grande interruption identifiable — il s'est dilué dans des dizaines de micro-pertes invisibles, chacune trop petite pour être remarquée individuellement.

→ Notre article sur le Deep Work de Cal Newport aborde la stratégie complémentaire : plutôt que de minimiser le coût des interruptions une par une, structurer sa journée pour qu'elles ne se produisent tout simplement pas pendant les créneaux les plus exigeants.


Trois ajustements concrets, pas une transformation complète

Regrouper les vérifications volontaires. Puisqu'une part importante des interruptions vient de soi-même, la première victoire accessible consiste à fixer des créneaux précis pour consulter emails et messages, plutôt que de le faire par réflexe entre deux tâches. → Notre article sur la réduction des distractions liées au smartphone détaille les réglages concrets pour limiter ce réflexe.

Prévenir les interruptions externes plutôt que les subir. Un simple message d'indisponibilité — "en concentration jusqu'à 11h, je réponds ensuite" — réduit fortement le nombre de sollicitations reçues pendant un créneau protégé, sans nécessiter de couper toute communication.

Accepter qu'une reconcentration rapide n'existe pas. Après une interruption inévitable, forcer un retour immédiat à pleine vitesse est contre-productif. Une transition de quelques minutes — relire les dernières lignes écrites, reformuler mentalement où on en était — coûte moins cher que de tenter de replonger instantanément dans un raisonnement à moitié reconstruit.


Mesurer avant d'agir

Il est difficile d'améliorer ce qu'on ne mesure pas. Un outil de suivi automatique du temps passé, qui fonctionne en arrière-plan sans action manuelle, permet de visualiser concrètement le nombre réel de bascules entre applications et tâches au cours d'une journée — un chiffre presque toujours plus élevé que ce qu'on estime spontanément. Cette prise de conscience, à elle seule, change souvent le comportement plus efficacement qu'une résolution abstraite de "mieux se concentrer".

La prochaine fois qu'une notification apparaît pendant un travail exigeant, rappelez-vous ce chiffre : 23 minutes. Ce n'est pas 30 secondes que coûte cette interruption. C'est potentiellement le quart de votre prochaine heure de travail.

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